Dans plusieurs semaines sortira sur nos écrans World of Warcraft : Forever, également surnommé « Classic + ». C'est une version ré-imaginée d'Azeroth, c'est-à-dire du jeu, tel qu'il était à Vanilla, en ajoutant des contenus - zones, donjons, raids, etc. - sans prendre la direction ou piétiner le lore ajouté dans les extensions que nous connaissons.
Depuis son annonce à la BlizzCon, de nombreux joueurs se sont emballés, excités à l'idée d'y jouer. D'autres ont émis des réserves. Dans cet article, je vais mettre en perspective les critiques négatives que l'on peut trouver sur Forever, sans les rabaisser - car certaines sont tout-à-fait légitimes et intéressantes -. Bien oui, c'est trop facile d'enterrer une critique en réduisant son auteur au qualificatif de « rageux ».
Je précise également deux choses : ci-dessous, il peut m'arriver d'émettre mon opinion (je ne peux pas être complètement neutre), qui est évidemment subjective ; et je peux divaguer, donc partir au sens propre comme au sens figuré dans des parenthèses interminables.
Ceci est encore moins un test, donc il n'y a pas de note de ma part. Je le précise, en raison de l’ambiguïté du titre.
Une simple ressortie de Vanilla
La première critique que j'ai vu passer sur les réseaux sociaux est que Forever ne serait qu'une simple ressortie de WoW Vanilla (et avant même ça, des personnes ne comprenaient pas vraiment de quoi il s'agit), sans efforts. Dans les faits, ce n'est pas entièrement incorrect, parce que la version du jeu se déroule dans une Azeroth uniquement composée des Royaumes de l'Est et de Kalimdor, sans continents et mondes additionnels (du moins, pour le moment).
Cela, en sachant que Forever peut être vue comme une énième ressortie de Vanilla après WoW Classic en 2019, ses variantes et ajouts : saison de la découverte, saison de la maîtrise, mode Extrême (Hardcore), re-lancement pour le 20e anniversaire en 2024, et j'en passe. Et en gardant en tête qu'après Classic, Blizzard a ressorti les extensions The Burning Crusade, Wrath of the Lich King, Cataclysm et Mists of Pandaria.
À première vue, une réaction logique serait de dire que le studio veut traire la licence. Ce n'est en soit pas faux, mais il souhaite aussi entretenir une licence que beaucoup apprécient, et c'est là que la démarcation se crée : certains préfèrent un jeu en ligne qui met fin à ses serveurs après 3 ou 4 ans en s'arrêtant au bon moment, là où d'autres se sont tellement imprégnés de ce monde, qui est devenu leur « jeu doudou », qu'ils ne veulent pas le voir s'arrêter. Ce constat peut aussi prendre en compte, sans que ce ne soit décisif, l'âge du joueur ou de la joueuse au moment de sa découverte de WoW, et son environnement de découverte à ce moment-là.
Je pense qu'un joueur qui découvrait le jeu à l'époque de sa sortie alors âgé de 25 ans aura plus de facilités à le critiquer au fil des extensions, car son esprit critique est déjà plus ou moins forgé, est familier avec des décisions douteuses voire honteuses de studios (donc connaît le pattern) et qu'il est "factuellement" moins attaché au jeu qu'un autre joueur le découvrant entre ses 7 et 10 ans. Dans ce dernier cas, et cela arrive, World of Warcraft peut ou fait partie de ses premières expériences vidéoludiques, culturelles, imaginaires (monde fantastique) et sociales qui peut le marquer ou non.
WoW étant un jeu en ligne et non en solo, il n'affiche pas de "Game Over" en cas d'échec ou de crédits après la dernière mission. Non. Il est alimenté d'année en année par des extensions, et un joueur qui a commencé à y jouer enfant peut grandir avec, et donc en tisser un lien presque ineffaçable. Ce jeu devient alors son doudou, il ne peut s'en séparer (sauf si événement majeur interne ou externe au MMO).
Ceux qui ont commencé le jeu dans leur vingtaine ou trentaine y sont moins attachés (l'inverse existe aussi, avec de nombreux quadragénaires qui y reviennent). car ils ont déjà eu d'autres expériences vidéoludiques avant et qu'ils ont peut-être plus de recul pour voir les bons des mauvais côtés. De plus, l'attachement à un jeu en ligne est à la fois bien plus fort et bien plus faible si on le découvre avec des amis, en famille ou des coéquipiers d'autres jeux. Pourquoi ? Les parties avec des proches sont souvent amusantes, parfois sérieuses, mais surtout joyeuses. Avec eux, le jeu sert parfois plus de support qu'autre chose (de la même manière que dans le streaming sur Twitch). Cela ajoute une sécurité à un jeu qu'une personne apprécie peut-être réellement moins qu'une autre, mais y est amenée par l'effet de groupe. Et lorsque le groupe n'y joue progressivement plus, le lien d'attachement vis-à-vis de WoW disparaît petit-à-petit (là encore, ce n'est pas le chaque dans chaque expérience individuelle).
D'une certaine manière, peut-on dire que les plus âgés sont les moins aveuglés ? Oui et non. Un joueur ayant commencé très jeune peut avoir un avis biaisé (ou au contraire vérace) sur des extensions, qu'il a trouvées incroyables (Cataclysm, Warlords of Draenor, etc). En revanche, un joueur plus âgé peut lui-même être biaisé par la nostalgie, estimant que n'importe quel contenu sortant de nos jours est par défaut mauvais ; ou qu'il l'appréciait au début, puis en a détesté la tournure, parce qu'il n'atteint pas ses standards (peut-être est-ce aussi du cynisme). Et c'est alors qu'on peut se poser la question :
Jusqu'où est-on prêt à suivre Blizzard dans ses nouveaux contenus sur WoW (cela concernera Forever puisqu'ils prévoient des nouveautés) ? (ce questionnement résonne avec la fameuse phrase "Si on fait un jeu pour tout le monde, on ne fait de jeu pour personne" et peut s'appliquer à toute sortie de l'industrie du divertissement et au-delà)
Ainsi, on peut considérer Forever comme une ressortie de Vanilla (ce n'est pas comme si Blizzard proposait un World of Warcraft 2 ou un nouveau continent ou monde à explorer, des systèmes et un gameplay différents, même si certains sont retravaillés), mais qui ajoute des améliorations graphiques au niveau de l'éclairage, des ombrages et de l'eau, tout en intégrant des donjons, raid et zones qui ne sont pas sur Midnight. En clair, la forme change, pas le fond. Il faut toutefois garder en tête que Forever ne sera pas identique à Vanilla ; on peut le voir comme un « What if » à la Marvel (sur plusieurs aspects), sans annuler tout ce que Blizzard a développé entre 2007 et aujourd'hui - Retail existe toujours et The Last Titan, dernière extension de la saga de l'Âme-monde, sortira l'an prochain -.
Parce que justement, Forever est ce que les aficionados de Classic souhaitaient depuis longtemps : que se serait-il passé si Blizzard ajoutait du contenu à Vanilla sans passer par les extensions ?

Les 60 € de la bêta fermée et l'Éolide
Avant toute chose, une précision s'impose. Il existe deux moyens d'accéder à la bêta : soit en s'inscrivant depuis le site officiel comme pour n'importe quel jeu pour espérer recevoir un code par mail (et c'est au bonheur la chance pour obtenir une invitation aléatoirement), soit en payant un pack à 60 € sur la boutique.
Note : pour la première option, et cela s'applique uniquement à la bêta, la souscription à un abonnement pour Midnight n'est pas obligatoire.
Là où de nombreuses personnes ont grincé des dents, et à raison, c'est que si l'on veut avoir la garantie d'en profiter, il faut payer. À titre personnel, ce n'est pas quelque chose que j'apprécie, puisqu'on parle d'un paiement pour avoir accès à un jeu incomplet. C'est comme si un cinéma faisait payer pour voir la moitié d'un film, en sachant à l'avance que celui-ci se terminera au milieu.
Mais Blizzard agit ainsi certainement pour ne pas avoir à gérer un afflux de joueurs trop important (et que l'aléatoire des inscriptions permet de contrôler cet afflux).
De plus lorsque Forever a été dévoilée, Blizzard a annoncé l'ajout d'une race jouable, l'Éolide. Cependant, cette dernière ne peut pas être simplement jouée en se connectant au jeu et en sélectionnant la race de son choix. Non. Il faut la payer, car son seul moyen d'accès est l'achat du pack à 30 € (le pack n'inclue pas que cette race, mais aussi d'autres avantages). Un pack que l'on peut, depuis l'annonce de Forever, acheter et en profiter sur la bêta fermée.
Pour information, une phase de bêta pour un jeu vidéo (WoW ou non), qu'elle soit publique ou fermée, est une phase de tests d'un produit non terminé et donc non commercialisé, dont les données (ici l'intégralité des personnages et la progression des joueurs) sont en toute logique (et Blizzard l'a confirmé) effacées à la sortie officielle, le 5 novembre 2026. Certains éditeurs de jeux vidéo agissent différemment en ne les effaçant pas, mais Blizzard le fait.
En revanche, il sera concrètement possible de jouer à Forever sans payer ce fameux pack, en souscrivant un abonnement à Retail. Cependant, passer par cette option ne comporte pas l'Éolide. Là où cela coince, c'est que l'Éolide est une race du jeu et non une cosmétique : c'est en quelque sorte un engrenage dans le système, prévu par les développeurs, et non un élément bonus non obligatoire qui a un effet moindre sur le plaisir de jeu. Alors oui, il n'est pas obligatoire de jouer l'Éolide pour profiter de Forever, puisque les autres races et classes sont disponibles. Cependant, on peut comprendre l'agacement d'un paiement pour un élément qui fait partie du socle du jeu, qui est partie intégrante de son gameplay. En sachant en plus qu'il ne s'agit que d'une race, et non d'un monde entier ou d'un système complet (c'est comme si l'arbre de talents était derrière un mur de paiement). Et en sachant, que l'Éolide a été largement mis en avant par Blizzard dans la bande-annonce, il est donc considéré comme un élément important de Forever et non comme un bonus disponible sur la boutique pour frimer devant 5 joueurs de bas niveaux en capitale.
Ainsi, lorsque les joueurs s'interrogent ou s'indignent en s'exclamant « Une bêta à 60 € ? », ils parlent surtout du sésame qu'est l'accès garanti ainsi que du pack comprenant l'Éolide. Parce qu'il faut retenir qu'en l'absence d'un continent ou d'un monde nouveau, l'intégration d'une race qui n'est pas sur Retail constitue une nouveauté majeure, phare de Forever, au même titre que l'ajout des Worgens et Gobelins à Cataclysm.
Je comprends ainsi ce scepticisme voire cette frustration, d'autant qu'elle n'est pas rattachée qu'à la bêta : à la sortie officielle, le pack coûtera toujours 30 euros, et l'Éolide avec. Peut-être que Blizzard le mettra en réduction dans des offres ultérieures, mais, si cela arrivait, cela ne changerait en rien sa finalité. Cela n'empêchera pas non plus de jouer au jeu, mais c'est se priver de ce qui singularise cette version, ce qui en fait son identité (et son marketing) au lancement. Forcément, les gens veulent en profiter.

Des éclairages et ombrages en plus
Cette critique peut être considérée à la fois comme un point positif, mais aussi comme un point négatif, puisqu'elle conteste une ré-annonce d'un Vanilla avec des éclairages et ombrages en plus. C'est comme si une société de production re-vendait un film déjà sortie comme la nouveauté de l'année dans les salles avec une colorimétrie et/ou une mise en scène différentes, mais l’intrigue, du début au dénouement, est inchangée.
Certains accusent Blizzard de recyclage et de flemmardise. De mon côté, je considère ce point des deux côtés : on peut effectivement lire entre les lignes que l'éditeur ne se mouille pas trop (plusieurs personnes voudraient un véritable WoW 2 ou une nouvelle licence), mais en même temps, c'est ce qui en fait le charme et le différencie de Retail. Lorsque je vois les captures d'écran et vidéos passer, je ne peux qu'être conquis (en plus, ils ont annoncé entre temps d'autres effets météorologiques). Pourtant, c'est le même moteur graphique cartoonesque que Midnight, mais en gardant l'esprit de Vanilla et en le lissant comme si c'était l'édition des 20 ans d'un jeu.
Quant à l'apparence de l'eau, elle me fait fortement penser à celle de Sea of Thieves, ce qui n'est pas plus mal.
Quelque part, ces effets renforcent (de mon point de vue) l'immersion dans le jeu et le désir d'exploration et donc de progression ; bien que cela pusse tendre au jeu d'horreur dans certains décors. Et je comprends que ce n'est pas l'intérêt recherché par des joueurs/ses, qui veulent un jeu d'aventure et non de survie dans un climat froid.
Pour le JcJ, selon les zones, ces effets peuvent être un bon bonus rendant la bataille plus vivante et les combats plus sanglants.
Il n'empêche que c'est incroyable de constater que l'on peut voir World of Warcraft dans sa version d’origine (mais ré-imaginée) d'un tout autre œil grâce à des effets liés à l'environnement, et non par des refontes.
Le nom : Forever
L'une des critiques qui ressort est le nom donné à cette version : Forever. Un nom facile, mais qui veut tout dire, et aussi peut-être un léger aveu d'échec de Blizzard. De prime abord, il signifie que nous, joueurs et joueuses, sommes à jamais liés à Azeroth, et ce même après une longue absence, comme un vieil ami que l'on revoit 15 ans après notre rencontre.
Des joueurs associent ce nom à celui que pourrait porter un serveur privé, le considérant donc ridicule, quand d'autres pensent qu'un nom plus recherché aurait pu être adopté. J'ai une légère préférence pour la seconde option, bien que je n'en déteste pas entièrement le nom. Cependant, il a peut-être été adopté pour pouvoir être utilisé sur le nouveau logo arrondi utilisé par Blizzard sur la franchise depuis la saga de l'Âme-monde, mettant de côté l'ancien logo emblématique. Cela reste un changement mineur, ou majeur, selon les perceptions, et reflète un changement de direction.
Là où je peux voir ça comme un aveu d'échec, c'est au niveau de la popularité grandissante de Forever (serveurs difficilement accessibles même pour une bêta fermée en raison de l'afflux constant de joueurs), et de l'éventuelle dualité que cela peut amener avec Retail. Depuis de nombreuses années, le nombre d'abonnés à World of Warcraft stagne, voire chute, puis réaugmente brièvement lorsqu'une extension sort (WoW Classic était responsable d'une hausse). Toutes ne plaisent évidemment pas à tout le monde. Certains ont détesté l'arrivée des pandarens avec Mists of Pandaria (bien qu'introduits depuis Warcraft III, mais tous n'ont pas forcément joué aux STR), d'autres n'ont pas apprécié le retour dans le passé avec Warlords of Draenor, et encore d'autres se sont plaints de l'annulation de morts de personnages iconiques avec Shadowlands (car on peut les retrouver en Ombreterre), avec un personnage, inconnu au bataillon jusqu'en 2020, qui arrive et semble être au-dessus du Roi-liche, lequel était connu comme le maître de la mort. Le gameplay est également passé au crible avec des systèmes vus comme bancals (les combats de mascottes) voire néfastes (le Mythique +, affichant une toxicité au fil du temps), en sachant que plusieurs sont remplacés l'extension d'après, donc ne durent pas dans le temps. Qui plus est, il y a un investissement par la communauté en terme de progression et d'équipement.
En résumé, tout ne plaît pas à tout le monde, et la communauté l'a bien fait savoir (le public de Classic n'est majoritairement pas le même que celui de Retail). En effet, il est on ne peut plus normal d'apprécier des aspects et de ne pas en aimer d'autres. Forever, par son titre, peut signifier qu'elle rallie la communauté au jeu de base, qui est celui par lequel une grande partie des joueurs sont tombés dans la marmite. Ce ralliement peut être perçu comme un signal d'alarme pour Retail, qui peine à fidéliser une base de joueurs. D'un côté, on a la simplicité de la re-découverte d'un monde avec 60 niveaux à gravir (ça n'en fait pas trop ni pas assez) avec une immersion rafraîchie, où défias, gnolls et ogres sont nos principaux ennemis. De l'autre, on doit affronter des menaces cosmiques, du farming et des clés Mythiques + exigeantes, faisant "perdre" cette simplicité. L'usage des guillemets sur ce mot n'est pas anodin, car Forever pourra être tout aussi exigeant que Retail, mais il peut se différencier d'une sociabilité accrue incitée par le gameplay.

La durée de la bêta
Mine de rien, elle constitue elle aussi un élément clé du succès dont pourrait jouir Forever. Il serait certes présomptueux de baser toute la popularité de cette version de WoW sur une bêta, mais celle-ci est allée au-delà des espérances de Blizzard, et même d'une grande partie des joueurs. Dès ses premiers jours, j'ai vu des vingtaines de posts fleurir sur les réseaux sociaux à son sujet, certains provenant d'anciens joueurs ayant raccroché le clavier et la souris il y a au moins dix ans. C'est un effet conséquent, en sachant que la dernière version du jeu à avoir massivement attiré les foules était Legion, par ses systèmes et sa menace suprême : la Légion Ardente.
Malheureusement, la bêta présente quelques soucis (pas seulement au niveau du streaming, bien qu'il soit trop facile de jeter la pierre dessus à tout va) : j'estime (critique personnelle, donc) qu'elle a été lancée trop tôt ou est trop longue. Par ce souci, dans un monde où la consommation du jeu vidéo se fait plus rapidement (la popularité d'un jeu se mesure en semaines et non plus en mois, et encore moins en années à l'exception de titres durables comme Minecraft, GTA V ou League of Legends), la crainte réside dans le fait que l'excitation autour du jeu, de sa version finale, s'affaisse à mesure que la sortie approche.
Car Forever attire, par ses effets, par la refonte de certains systèmes, mais cette attraction peut aussi constituer son fléau : bien qu'il s'agit d'une bêta, nombreux sont les joueurs et joueuses à profiter à fond, à tout explorer. Or, nous le savons tous, le but d'une bêta est de tester, d'expérimenter et de signaler les bugs. On peut tout de même en profiter. Le souci se posera si au 5 novembre, nombre de joueurs se questionneront réellement sur leur envie de jouer, ne souhaitant pas recommencer de zéro.
D'autres ont contrôlé leur temps de jeu (comme je l'ai vu en réponses d'un tweet du youtubeur Thankor), ne préférant découvrir que le début, ou ne voulant volontairement pas prendre plaisir sur la bêta malgré un accès débloqué.
Peut-être me trompe-je sur toute la ligne et que la longueur de la bêta ne sera en aucun cas tributaire d'un lancement légèrement moins populaire. Je l'espère.
L'intérêt d'une bêta écourtée est l'attraction de la communauté qui s'intensifie et le manque de temps pour tout voir. On en redemande plus. Comme lorsque vous découvrez un lieu époustouflant mais que vous êtes attiré vers l'extérieur et que la porte se referme peu à peu derrière vous. C'est l'idée.
En revanche, cette longue durée permettrait à Blizzard de pouvoir corriger plus de bugs pour assurer un bon lancement.

Neutre - Les addons et la création de contenus
En 2026, la création de contenus et la communication de Blizzard sont omniprésentes dans l'image qu'on se fait et dans notre consommation de World of Warcraft : Forever. Depuis sa bêta fermée, Forever est décortiqué sous tous ses angles : si l'on s'aventure un peu trop sur les réseaux sociaux, on peut être spoilé (divulgâché) et perdre le plaisir de la découverte ; tout en étant exposé à du drama. Mais dans un second temps, le partage de contenus incite à la curiosité, à voir toujours plus. C'est une arme à double tranchant.
En réalité, c'est toute une culture d'Internet, développée depuis les années 2010 et centrée autour du streaming et de la vidéo, qui, parfois décide directement ou non de l'éphémérité et de la popularité d'un jeu. Ce n'est ni une mauvaise, ni une bonne chose.
Plusieurs joueurs ont ainsi émis des critiques à l'égard de streameurs, disant qu'ils devenaient si importants qu'ils pouvaient gâcher leur plaisir de jouer, en les entravant en jeu (exemple : des guildes de fans qui n'hésitent pas à tuer en boucle des joueurs pour leur streameur). D'autres pensent que ceux impliqués dans les échanges d'or contre de l'argent réel (RMT) devraient être sanctionnés de la même manière qu'un joueur lambda.
Blizzard ne lésine pas non plus, ayant adapté depuis des années sa communication : stories, vidéos, posts à gogo et collaborations. Cela peut aussi faire partie du problème - même si c'en est un faux à mon sens, car ils font ce que toute entreprise fait : valoriser ses produits pour attirer les masses -, car nous ne sommes au final à l'abri d'aucun spoil. Quelle serait la solution ? Cesser d'utiliser les réseaux sociaux ? Ce serait bien compliqué, puisqu'ils sont devenus la première place publique de débats dans le monde, et que le web et plus largement Internet sont en partie faits pour donner son avis.
Côté addons, beaucoup sont déjà prêts pour Forever, certains étant mêmes particulièrement surprenants : celui qui cache les messages envoyés et les invitations de la guilde Olympus du streameur Asmongold (en réalité, l'addon s'étend à toutes les autres guildes, mais a été conçu en premier lieu suite aux dramas autour de ce streameur), ou celui qui permet de sur-stimuler ton cerveau (ce qui est appelé le brainrot) pendant les trajets aériens et terrestres.
Les addons peuvent être un atout comme un défaut de Forever, favorisant la performance et l'optimisation au détriment de l'exploration et/ou d'une progression plus naturelle. Ils peuvent également être une aide indispensable pour s'en sortir, dépendant des besoins des uns et des autres.








